Mettre des produits bio dans son assiette, les proposer en restauration
collective, ce n’est pas simplement un acte d’achat sur catalogue,
c’est un projet concerté, qui doit impliquer tous les acteurs
concernés, à commencer par les consommateurs..
La première condition de réussite : la motivation d’un acteur clé du
système (le gestionnaire, le cuisinier, vous peut-être ?) ; sans cette
personne clé qui pourra prendre du temps sur le terrain les premiers
temps, difficile de réussir l’introduction de produits bios dans une
cantine..
2 - C’est un projet concerté
L’implication de tous , les cuisiniers, les parents d’élèves, les
gestionnaires, les professeurs, les élèves, les clients et aussi les
producteurs qui livrent est un gage de réussite du projet. C’est
pourquoi le SEDARB propose la création de comités de pilotages
concertés, pour l’animation de tables rondes autour de toutes les
questions qui se présenteront à vous
3 - Un vrai diagnostic des besoins, des envies, et des contraintes est nécessaire
Intégrer
ce projet dans le fonctionnement de l’établissement demande une vraie
réflexion sur les besoins et les capacités (budget, équipement de la
cuisine) mais aussi sur les questions et les attentes des personnes qui
seront impliquées fortement par la suite (les cuisiniers, le
personnel de cuisine). Le choix du premier produit est important, il
faut l’adapter à la clientèle et à ses contraintes, pour que le premier
essai ne soit pas décevant..
4 - Qu’y a t-il par chez moi ?
Introduire des produits bio de
Nouvelle Zélande ou d’Italie, est ce bien ce que l’on souhaite ? Les
producteurs biologiques de Bourgogne sont engagés pour faire vivre
leurs exploitations en développant les circuits courts. Favoriser le
local, et donc accepter le saisonnier cela fait partie de l’engagement
que nous préconisons.
La filière bio actuelle ne peut pas faire face aujourd’hui à l’ensemble
des demandes, en Bourgogne par exemple, nous manquons de fruits et
légumes, secteurs peu développés dans notre région .. Pour autant,
des possibilités existent, des producteurs et des fournisseurs bio sont
opérationnels sur le terrain . Un premier contact permettra donc
d’évaluer l’offre locale : produits disponibles, possibilité de
livraison.
Un annuaire est mis à votre disposition dans la
documenthèque .
5 - Rien ne sert de courir
Mieux vaut n’introduire régulièrement que du pain bio
pendant un an, que de s’essouffler à rechercher tout azimuts la gamme
complète pour un repas entièrement biologique une fois par an.
6 - Mais la régularité des apports est un gage d’implication dans la durée
Une
introduction festive, ponctuelle, événementielle est un bon moyen de
commencer un projet. Cependant, l’organisation collective que cela
nécessite (du cuisinier au producteur de lentilles..) est complexe et
présente des coûts d’opportunité importants : difficile de négocier des
prix avec son livreur lorsqu’on lui demande un service ponctuel.. Il
est donc préférable, pour limiter les coûts et les contraintes,
d’envisager rapidement un produit bio de façon régulière dans les
menus, ne serais-ce qu’une fois par mois..
7 - Bien gérer le coût de son projet : quelques pistes

Commencer par les aliments les moins chers et dont les caractéristiques peuvent se rapprocher des produits classiques.

Choisir des produits de saison : ils seront plus facilement disponibles, à maturité et moins chers. (voir notre
calendrier )

Valoriser les protéines d’origine végétale, céréales et légumineuses

Faire des repas à 4 composantes au lieu de 5

Proposer
des portions plus petites en favorisant la qualité du produit pour
limiter le gaspillage (pour la viande, suivre les recommandations
diététiques)

Privilégier l’introduction de produits bruts plutôt que transformés (et c’est meilleur pour la santé !)
8 - Adapter votre demande et votre appel d’offre
La livraison
des cantines publiques ou scolaires s’est en général adaptée à des
logiques de l’offre et de la demande qui ont pénalisé les producteurs
et les petits opérateurs locaux, moins préparés et moins capables de
jouer les prix à la baisse. Afin de faciliter le travail des
gestionnaires, les appels d’offre pour la restauration collective sont
le plus souvent multiproduits. Il n’existe pas à ce jour en Bourgogne de
structures collectives "biologiques" capables de gérer des commandes multiproduits ;
c’est pourquoi nous proposons d’adapter vos appels d’offre à l’offre
disponible localement, ..
9 - Accompagner l’arrivée des produits bio
Pas l’habitude de voir des pommes non calibrées ? de manger des pois cassés ? Pas facile de renoncer à la baguette toute blanche ?
C’est sûr, les produits biologiques et la gamme de menus développée
n’ont pas forcément la même apparence que le produit tout frais livré
de votre fournisseur industriel classique, mais il suffit de quelques
mots, d’une animation, de panneaux explicatifs bien situés, pour que
tout cela prenne du sens et que le rendez vous bio devienne vite un
rendez vous attendu des clients de votre cantine..
10 - Créer du lien, favoriser les échanges
Recréer des liens,
donner du sens à la vie locale, accompagner les initiatives en filière
courte, tel est le sens de notre engagement dans ce grand projet
collectif. Nous vous proposons donc des animations et des rencontres
qui contribuent à ces échanges.
Une charte de la restauration collective, qui encadre les engagements
réciproques des fournisseurs et des responsables de cantines, vous est
proposé. Deux lycées l’ont signé à ce jour en Bourgogne .