Les viticulteurs biologiques interpellent élus et responsables agricoles sur la réduction annoncée des doses de cuivre
Madame, Monsieur,
L'objectif du Grenelle de l'environnement d'atteindre, en 2012, 6 % de la Surface Agricole Utile française en agriculture biologique sera dépassé dès la fin 2010 sur les surfaces viticoles Bourguignonnes. En Bourgogne, la viticulture biologique concerne à ce jour 5,3 % des surfaces viticoles, soit 180 producteurs pour 1620 ha certifiés. En 2009, la dynamique de conversion dans ce secteur a permis un accroissement de 34 % des surfaces engagées en agriculture biologique. En France, 20 % des 80 000 tonnes de pesticides utilisés chaque année le sont sur la vigne. Et « Le Plan Ecophytos 2018 » a pour objectif d'en diviser par deux la quantité. La protection de l'environnement et des écosystèmes par une réduction des intrants est une priorité pour les producteurs biologiques. Leurs pratiques témoignent au quotidien du souci qu’ils ont de maintenir la qualité des sols et de favoriser le développement de la faune et de la flore. En Bourgogne, d'après l'enquête menée auprès des viticulteurs biologiques (voir l’annexe jointe), il ressort que 60 % d'entre eux ont utilisé en 2009 entre 4 et 6 kg de cuivre par hectare par an pour protéger leur vignoble contre le mildiou. Le règlement communautaire quant à lui autorise une moyenne à ne pas dépasser de 6 kg de cuivre par hectare et par an sur 5 ans. Pourtant, la saisine n°2008-SA-0335 datée du 10 novembre 2008 de l’AFSSA prévoit une restriction d’usage du cuivre en limitant les apports de cuivre métal à 4 kg/ha/an répartis en 8 applications maximum à 500 g de cuivre par application. Ces conditions d’usage du cuivre telles que recommandées par l’AFSSA, lors de l’homologation ou du réexamen des spécialités à base de cuivre, vont constituer un frein considérable aux dynamiques de développement de la viticulture biologique en Bourgogne et certainement dans d’autres régions françaises. Nous nous étonnons d’autant plus de cet avis publié par l’AFSSA car il s’appuie sur le risque de diminuer les populations d’un oiseau, le bruant jaune, oiseau qui risquerait d’être intoxiqué avec des vers de terre qui concentreraient le cuivre. Il est à noter que le bruant jaune est granivore (il ne mange pas de vers) et n’est pas connu pour être particulièrement présent dans les vignes bourguignonnes. Nous vous demandons donc d'être vigilant lorsque vous serez amené à débattre et à prendre position autour de ce dossier « cuivre », et de ne pas soutenir un règlement qui engage la production viticole biologique dans une impasse technique et économique.
Le Président de la CGAB, Le Président de la section viticulture biologique,
Christian BAQUÉ Jean-Hugues GOISOT
Pour signer la pétition, rendez-vous sous ce texte. Vous pouvez également télécharger la lettre d'interpélation pour l'envoyer à vos élu(e)s. |